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    Thermiques d’occasion : pourquoi elles séduisent à nouveau face aux ZFE ?

    14/04/2025

    Thermiques d’occasion : pourquoi elles séduisent à nouveau face aux ZFE ?

    🚗 Thermiques d’occasion : pourquoi elles séduisent à nouveau face aux ZFE

    Alors que l’Europe accélère sa transition vers l’électrique, une tendance surprenante émerge sur le marché de l’occasion : les voitures thermiques, essence comme diesel, reviennent en force. Selon des données publiées ce 14 avril 2025 par des analystes français, les ventes de modèles thermiques d’occasion de plus de 5 ans ont bondi de 7 % en mars, portées par les incertitudes autour des zones à faibles émissions (ZFE). Dans un contexte économique tendu, ces véhicules abordables, souvent boudés ces dernières années, retrouvent les faveurs des acheteurs. Mais qu’est-ce qui explique ce retour en grâce ? Et que dit-il de notre rapport à la mobilité en 2025 ?


    🌍 Les ZFE, un casse-tête pour les automobilistes

    Les ZFE, ces zones urbaines où les véhicules polluants sont progressivement interdits, devaient être le fer de lance de la révolution verte. En France, 11 métropoles, dont Paris, Lyon et Marseille, appliquent des restrictions croissantes, avec un objectif clair : bannir les diesels d’ici 2030 et limiter les essences anciennes. Mais en 2025, leur mise en œuvre patine. Des dérogations prolongées, des critères flous (Crit’Air 2 ou 3, qui passe encore ?), et des annonces contradictoires sèment le doute. Ce 14 avril, par exemple, Toulouse a repoussé l’interdiction des Crit’Air 3 à 2026, tandis que Strasbourg maintient des exemptions pour les travailleurs pendulaires.

    Résultat : les automobilistes hésitent. Plutôt que d’investir dans une voiture électrique coûteuse ou un hybride récent, beaucoup se tournent vers des thermiques d’occasion abordables, encore autorisés dans de nombreuses ZFE. Une Renault Clio diesel de 2018, classée Crit’Air 2, s’arrache aujourd’hui autour de 9 500 €, soit 10 % de plus qu’en décembre 2024. Même topo pour les essences : une Peugeot 208 de 2017 se vend 8 000 €, contre 7 200 € il y a six mois. Ces modèles, fiables et peu taxés, séduisent ceux qui veulent rouler sans se ruiner.


    💸 Une question de budget

    L’économie joue un rôle central dans ce regain. Avec une inflation qui, bien que ralentie, reste à 2,5 % en moyenne dans l’UE, et des prix de véhicules neufs flirtant avec les 30 000 € en moyenne, les ménages modestes se replient sur l’occasion. Les thermiques, souvent boudés par les flottes d’entreprise au profit des électriques, inondent le marché de seconde main à des tarifs imbattables. Selon les plateformes comme La Centrale, 60 % des recherches en mars 2025 ciblaient des voitures à moins de 12 000 € – un segment où les diesels et essences règnent en maîtres.

    Mieux encore, ces véhicules échappent aux malus écologiques imminents qui frappent les neufs. À partir de juillet 2025, le malus français s’appliquera dès 118 g/km de CO2 (contre 128 g/km aujourd’hui), rendant les SUV thermiques neufs hors de portée pour beaucoup. Une Ford Focus diesel d’occasion de 2019, avec 115 g/km, devient alors une alternative maligne : pas de malus à la revente, un coût d’entretien maîtrisé, et un accès aux ZFE encore garanti pour quelques années.


    ⚡ Les électriques à la traîne sur l’occasion

    Pendant ce temps, les voitures électriques d’occasion, bien que bradées (une Renault Zoe de 2022 se trouve sous les 13 000 €), peinent à rivaliser. Les acheteurs pointent des freins persistants : l’autonomie, souvent dégradée sur les batteries de première génération, et le réseau de recharge, encore insuffisant hors des grandes villes (1,3 million de bornes en Europe, mais mal réparties). Sans oublier la méfiance : selon une étude récente, 40 % des acheteurs d’occasion craignent les coûts de remplacement d’une batterie, estimés à 5 000 € minimum. Résultat : les thermiques, perçus comme plus fiables et polyvalents, raflent la mise.

    Ce paradoxe intrigue. Alors que les ventes de VE neufs progressent (+15 % en Europe en 2024), leur marché d’occasion stagne. Les flottes d’entreprise, qui renouvellent leurs parcs avec des Tesla ou des Peugeot e-208, saturent le marché de VE d’occasion, mais les particuliers hésitent, préférant une Citroën C3 essence à 7 000 €, sans contrainte de recharge.


    🚦 Un révélateur des résistances à la transition

    Ce boom des thermiques d’occasion dit beaucoup de notre époque. D’un côté, les ZFE et les politiques écologiques poussent vers une mobilité verte ; de l’autre, les réalités économiques et pratiques freinent les ardeurs. Les acheteurs, surtout en zones périurbaines où les bornes manquent, privilégient des solutions pragmatiques. Un diesel Crit’Air 2, capable de rouler 800 km avec un plein, reste plus rassurant qu’un VE d’occasion à 200 km d’autonomie réelle. Et avec des carburants synthétiques en test chez Porsche ou Stellantis, certains parient même sur un sursis pour le thermique.

    Les concessionnaires surfent sur cette vague. En Île-de-France, les stocks de diesels Euro 5 et 6 s’écoulent à vitesse grand V, parfois avec des marges revues à la hausse. Mais ce regain pose question : en dopant les thermiques, ne risque-t-on pas de retarder la transition énergétique ? Les experts s’accordent : sans un réseau de recharge plus dense et des aides ciblées pour les VE d’occasion, le thermique gardera l’avantage dans ce segment.


    ⚖️ Vers un marché à deux vitesses ?

    En 2025, le marché de l’occasion devient un miroir des tensions automobiles. Les thermiques, portés par les incertitudes des ZFE et leur accessibilité, vivent une seconde jeunesse, mais pour combien de temps ? Si les restrictions s’intensifient, comme prévu à Paris dès 2027, ces modèles pourraient perdre leur attrait. En attendant, ils offrent une bouffée d’air aux automobilistes sous pression budgétaire.

    Pour les acheteurs, le conseil est clair : comparer, vérifier les normes Crit’Air, et anticiper l’évolution des ZFE locales. Une bonne affaire aujourd’hui pourrait devenir un piège demain. Une chose est sûre : en ce printemps, le thermique d’occasion prouve qu’il a encore du carburant dans le réservoir. Et vous, succomberiez-vous à une Clio diesel bien négociée ?

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